Philosophie du thé glacé

Philosophie du thé glacé

Il y a quelques jours de cela, en faisant les courses, j’ai avalé une pleine gorgée de thé glacé aromatisé aux fruits tropicaux. Il s’agissait d’un vrai thé glacé, et non de l’une de ces boissons artificielles qui en portent plus ou moins frauduleusement le nom. J’ai été horripilé. Au lieu de la douce et caressante sensation sucrée à laquelle je m’étais hypothétiquement préparé, ma bouche a été envahie par une détestable amertume. J’ai donc sèchement reposé le breuvage avec une moue de déception. Cet événement m’a troublé pendant un bon moment : comment un amateur de thé tel que moi, habitué à des infusions autrement plus terribles, avait bien pu se braquer de la sorte contre un misérable thé vert glacé ? Lire la suite « Philosophie du thé glacé »

Vrombissantes vérités

Vrombissantes vérités

On ne dira jamais assez à quel point nos sentiments sont précieux. D’ailleurs, les philosophes de l’histoire ne l’ont pas suffisamment dit. Nos sentiments ne mentent jamais, car ils sont par essence porteurs de notre vérité la plus intime; ils disent ce que nous sommes, ce que nous vivons, ce à quoi nous aspirons. Ils ne mentent jamais et cela, en raison du fait qu’ils précèdent tout travail de notre conscience – autrement dit, parce qu’ils découlent de la plus stricte nécessité de notre corps. Les sentiments s’imposent à notre pensée comme la force gravitationnelle s’impose aux objets de la terre: c’est-à-dire d’une manière parfaitement implacable. Lire la suite « Vrombissantes vérités »

Mort à la culture !

Mort à la culture !

À la fin du mois de juin 1935, à la Maison de la Mutualité à Paris, eut lieu le Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, auquel participèrent des auteurs renommés tel que Bertolt Brecht, André Gide, André Malraux, Aragon, etc. Il s’agit d’un événement d’une grande importance et dont l’influence fut immense. On y discuta de l’état de la culture européenne de l’époque, de son avenir, de ses perspectives, entre autres dans le contexte de la montée de l’ennemi fasciste. À cette occasion, le poète surréaliste Antonin Artaud fut invité à participer aux discussions mais il déclina l’offre et se contenta de rédiger une lettre incendiaire dans laquelle il varlopa sans façons la conception de la culture que ce congrès se proposait de défendre. Il y dénonça le formalisme matérialiste de son époque qui ramenait la culture à un ensemble de biens matériels, et à un ensemble de paradigmes formels. Lire la suite « Mort à la culture ! »