Citation de la semaine: Sylvain Trudel

Citation de la semaine: Sylvain Trudel

Sans la lumière, les gens se prendraient par le bras et avanceraient lentement, à tâtons, ensemble d’un même pas hésitant, comme des frères; nul ne posséderait plus aucune certitude et il n’y aurait plus de croyances dans les têtes, mais, hélas, le soleil existe et les gens préfèrent croire les mensonges de la lumière qui les rendent si malheureux.

Du mercure sous la langue

Petite promenade sur novembre

Petite promenade sur novembre

Qu’il est curieux le plaisir de se promener, l’automne venu, dans la forêt afin d’observer les arbres se profiler dans leur plus simple apparat ! De prendre acte du ralentissement des choses, du déclin de nos amis végétaux, de l’épuisement de nos cousins animaux !  Quel bonheur étrange ! Est-ce que notre cœur ne devrait pas plutôt pencher tout entier vers la dansante surabondance de l’été ou vers la frénésie montante du printemps ? N’est-ce pas après tout dans ces chaleureuses circonstances que la force de la vie se rend le plus palpable à notre esprit ? Du moins, c’est ce qu’il peut nous sembler mais pourtant, il n’en est pas tout à fait ainsi: que l’automne soit à même de nous soulever lui aussi implique que la disette, l’étiolement et la chute aient également leur petit charme particulier. Lire la suite « Petite promenade sur novembre »

La braguette maléfique

La braguette maléfique

D’entrée de jeu, je dois avertir le lecteur que je vais révéler, dans les lignes qui suivent, un pan tout à fait obscur de mon existence. C’est quelque chose de si troublant qu’il est fort possible que l’image que l’on se sera assurément faite de moi jusqu’ici – soit celle d’un irrésistible et distingué dandy de plage au bronzage parfait – soit troublée à tout jamais. Pourtant, quelque chose me force tout de même à écrire. Est-ce le génie malin qui m’habite et me pousse depuis toujours à toutes les turpitudes philosophiques dont je barbouille ces lieux ? Je n’en sais rien: le bourreau qui s’acharne sur mon cas prends soin de ne jamais se dévoiler, me privant ainsi de la mince consolation qu’il y aurait à connaître la cause de mon tourment. Ici, comme ailleurs, je dois donc une fois de plus m’abandonner à cette servitude dont j’ignore les tenants et aboutissants. Lire la suite « La braguette maléfique »

Mammouth et fier de l’être

Mammouth et fier de l’être

Quand j’étais petit, c’est-à-dire il y a quelques millions d’années, mes semblables et moi écoutions de la musique principalement à partir de bobines de ruban magnétique fixées sur un support de plastique que nous appelions cassette audio. C’était un horrible support car le ruban se tordait constamment, se déchirait ou se déroulait et il fallait alors l’enrouler de nouveau manuellement. Pourtant, c’est un support qui nous rendait heureux et qui était, de notre point de vue, la réalisation même du progrès. D’ailleurs, beaucoup d’individus de mon âge ont connu l’incommensurable fierté de se promener dans la rue avec, à la ceinture, un rutilant walkman Sony Sports jaune. Lire la suite « Mammouth et fier de l’être »

Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille

Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille

Même le discours le plus rationalisant, le plus littérairement rêche et gris fait de sa grisaille un procédé rhétorique: celui par lequel il prétend justement être au-dessus des procédés rhétoriques et, corollairement, que tout son contenu découle d’une dialectique froide et impartiale. Ou mieux: d’une dialectique divine. Lire la suite « Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille »

Citation de la semaine: Julia Posca

Citation de la semaine: Julia Posca

L’ennui est un dommage collatéral de la réclusion des salariés dans l’aisance du domicile familial, aisance pourtant érigée au rang d’idéal dans l’imaginaire formaté de la classe moyenne. Un ennui qu’on nous a appris à combattre avec le feu qui l’alimente: en achetant toujours plus, idéalement plus que le voisin, même au prix de garde-robes qui débordent et de marges de crédit qui explosent.

– Le manifeste des parvenus