Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Le combat chevaleresque que mena ce grand escogriffe de Platon contre les sophistes est traversé par un formidable paradoxe. Dénonçant sans relâche la rhétorique des ses ennemis jurés, il déploya lui-même, ce faisant, l’un des plus grands procédés rhétoriques de la philosophie, soit celui de ses dialogues théâtraux. Au travers de ceux-ci, il se permet la commodité de mettre en scène les sophistes, préjugeant au passage de leur attitude et de leur argumentation à son encontre. Il les réduit également – de la manière la plus sophistique (!) – à une espèce de bloc homogène alors que, comme le dit Gilbert Romeyer-Dherbey dans son étude sur les sophistes, la diversité et l’originalité de ces personnages et de leur doctrines « […] ne nous permettent pas de caractériser un système de pensée unique, dont le nom serait ‘sophistique’ et qui s’opposerait à ‘philosophie’. » Lire la suite « Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien »

Considération intempestive sur le fond et la forme

Considération intempestive sur le fond et la forme

« Un homme doit savoir se faire plaisir » : voilà une maxime qui n’est pas dénuée de bon sens. Il faut en effet savoir outrepasser, de temps en temps, les règles que nous nous fixons si méticuleusement par le moyen de la raison, ne serait-ce que pour éprouver ces règles, pour nous rappeler que c’est en toute liberté que nous nous les sommes imposées, et que c’est en toute liberté que nous pouvons les bafouer, et cela quand bon nous semble. De telle sorte que, dégagées de tout ressentiment que nous pourrions éprouver à leur encontre, elles puissent nous apparaître dans leur pleine préciosité. Lire la suite « Considération intempestive sur le fond et la forme »