Quelle est ta vérité ?

Quelle est ta vérité ?

Pour l’affamé, la vérité est une nourriture qui sustente. Pour l’ensommeillé, c’est un lit bien douillet. Pour le désireux, c’est un havre de volupté. Pour l’ambitieux, c’est un levier qui déplace les montagnes. Pour qui se languit d’un peu de société, c’est un pont vers les autres. Pour l’assoiffé de sens, c’est une idole à adorer. Pour l’aventurier, c’est un ailleurs qui surprend.

Quant à toi, philosophe qui de la vérité se dit amoureux, de quelle sorte est-elle donc, ta vérité ?

No man’s land

No man’s land

Je ne me rappelle plus beaucoup de mes voyages d’enfance sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre. Quelques lambeaux d’images ou d’impressions filtrent bien encore jusqu’à mon esprit : l’allure générale d’une rue, d’une plage, la couleur d’un ciel, d’un motel, le bruit des vagues, des cris d’enfants, un château dans le sable, une odeur saline mêlée à l’effluve des hot-dogs grillés. Mais tout cela est fuyant et ne forme plus qu’une mosaïque disparate, et bien peu sensée – pour autant que l’on considère que le sens du passé ne tient qu’à la capacité que nous avons de le reconstituer. Du reste, je ne suis plus certain de la provenance réelle de ces réminiscences: peut-être ne s’agit-il après tout que d’un collage fictif de sensations tirées d’événements d’une nature complètement différente ou même empruntées à des œuvres cinématographiques. Lire la suite « No man’s land »

Vrombissantes vérités

Vrombissantes vérités

On ne dira jamais assez à quel point nos sentiments sont précieux. D’ailleurs, les philosophes de l’histoire ne l’ont pas suffisamment dit. Nos sentiments ne mentent jamais, car ils sont par essence porteurs de notre vérité la plus intime; ils disent ce que nous sommes, ce que nous vivons, ce à quoi nous aspirons. Ils ne mentent jamais et cela, en raison du fait qu’ils précèdent tout travail de notre conscience – autrement dit, parce qu’ils découlent de la plus stricte nécessité de notre corps. Les sentiments s’imposent à notre pensée comme la force gravitationnelle s’impose aux objets de la terre: c’est-à-dire d’une manière parfaitement implacable. Lire la suite « Vrombissantes vérités »

Citation de la semaine: Martin Heidegger

Citation de la semaine: Martin Heidegger

La douleur qu’il faut d’abord éprouver et dont il faut soutenir le déchirement jusqu’au bout est la compréhension et la connaissance que l’absence de détresse est la détresse suprême et la plus cachée, qui, du plus loin qu’elle soit, commence à peser sur nous. L’absence de détresse consiste en ceci: on se figure que l’on a bien en main le réel et la réalité et qu’on sait ce qu’est le vrai, sans qu’on ait besoin de savoir où réside la vérité.

– Dépassement de la métaphysique