Pourquoi écrire des poèmes d’amour ?

Pourquoi écrire des poèmes d’amour ?

Il semble parfois inconvenant de dire « je t’aime » selon les usages admis, normalisés, stéréotypés de ce mot et de toutes les expressions qui s’y rapportent. En fait, il semble parfois inconvenant de signifier que l’on aime, point barre. Pourquoi? Parce qu’il y a, dans l’expression « je t’aime » quelque chose qui relève de l’utilité, de l’économie du couple; quelque chose qui tire la communion amoureuse vers sa nature industrieuse. La pleine intimité de la communication amoureuse y est sacrifiée au nom de l’efficacité. Lire la suite « Pourquoi écrire des poèmes d’amour ? »

Résolution nocturne #2

Résolution nocturne #2

Émeus-toi pour des prunes. Adonne-toi à la contemplation amoureuse des prunes jusqu’à reconnaître ce que chacune d’entre elles a de sacré. Ne cède pas à la tentation de t’abîmer dans le Tout. L’idolâtrie est une imposture. Une prune meurtrie vaut plus que toutes les divinités réunies. Religion des prunes.

(Merci à A. G.)

L’ombre de nos idées

L’ombre de nos idées

Quiconque fréquente avec assiduité la société des créatures de l’esprit découvre peu à peu que malgré leur nature éminemment abstraite, elles manifestent parfois des caractères qui rappellent d’une manière étonnante ceux qui sont le propre des objets tangibles. Il arrive par exemple que les concepts se comportent comme s’ils étaient constitués de matière, et comme s’ils s’enchâssaient dans l’espace, y manifestant quelque solidité, quelque opacité. En effet, de la même façon que les objets qui ont leur place entre le soleil et la surface de la terre viennent obscurcir une partie de cette dernière, les concepts, lorsqu’ils se trouvent exposés à la lumière de l’esprit, projettent alors très souvent une ombre qui vient tapisser l’arrière-fond de la pensée. Et comme tout ce qui ne se présente pas à nos yeux dans la pleine clarté, notre attention est rarement dévolue au contenu de cet arrière-fond. Lire la suite « L’ombre de nos idées »

Un contradicteur

Un contradicteur

Selon mon expérience, le philosophe qui acquiert la conviction d’être parvenu à quelque soi-disant vérité est un philosophe fini. Je le dis au sens le plus littéral : cet homme-là n’est, spirituellement parlant, pas mieux que mort; aussi la seule œuvre dont il puisse encore être porteur est sa notice nécrophilosophique. Nombre d’illustres philosophes ont d’ailleurs rédigé la leur durant le cours même de leur existence – j’aurai toutefois l’amabilité de taire le nom des quelques occurrences qui me trottent en tête. Lire la suite « Un contradicteur »