La fin du monde en IMAX

La fin du monde en IMAX

Je suis allé au cinéma il y a de cela quelque temps afin de voir le charmant documentaire Anthropocène, qui porte sur les changements que la main de l’homme impose à la Terre. Plus particulièrement, le film défend, par le moyen des images et des émotions qu’elles suscitent, la thèse selon laquelle nous serions entrés dans une nouvelle ère géologique dont la caractéristique distinctive consiste précisément dans le fait que les changements géologiques qui y ont cours seraient dus à la main de l’homme, avec la responsabilité que cela implique. Ainsi les réalisateurs braquent-ils leur caméra sur nos activités d’extraction de ressources premières, d’aménagement des terres, d’aménagement urbain, sur les changements climatiques que nous provoquons, ainsi que sur notre simple prolifération, qui change certes le visage de la planète. Au vu de tous ces incroyables phénomènes, il est en effet difficile d’infirmer que l’anthropocène est une réalité des plus concrètes. Toutefois, bien qu’il s’agisse d’un sujet des plus passionnants, ce n’est pas de cela dont je veux ici parler mais bien plutôt de l’émotion esthétique sur laquelle le film m’a laissé. Lire la suite « La fin du monde en IMAX »

Le degré zéro de l’angoisse

Le degré zéro de l’angoisse

Comme le lecteur de ce blogue le sait déjà, ou comme il va maintenant l’apprendre, l’auteur de ces lignes est un ardent collectionneur d’angoisses. J’accumule en effet depuis maintes années ces petites et charmantes bestioles et les dispose amoureusement dans les replis de mon esprit. Dans mes temps libres, je les dépèce afin d’en élaborer la nomenclature et si possible, j’en tire quelque substance philosophique. C’est un passe-temps qui n’est pas de tout repos. Dans mes heures sombres, je geins comme un animal pris au piège, au milieu d’atroces convulsions. Des formes nouvelles de désespoir et de douleur me traversent. Je ne sais plus qui je suis ni où je vais. Lire la suite « Le degré zéro de l’angoisse »

Papa, où je serai quand je vais être morte ?

Papa, où je serai quand je vais être morte ?

Il y a quelque temps, de haut de ses trois ans et demi, Mini-Dompteuse m’a posé une question plutôt friponne: « Papa, où je serai quand je vais être morte ? » Quel ne fut pas mon étonnement ! Il faut ici que le lecteur s’imagine ces mots prononcés avec la douceur infinie d’une voix d’enfant, réduite à un petit filet mignon par la solennité du moment. Que l’on me croit sur parole: c’est quelque chose qui va droit à l’âme. La question était trop importante pour m’avancer sans réfléchir; j’ai donc d’abord affirmé, plutôt évasivement, qu’il s’agit d’un grand mystère et qu’à tout le moins, nous pouvons penser que nous demeurons dans les souvenirs des personnes qui nous ont aimé. La réponse était bien entendu insuffisante; elle le savait, je le savais, mais nous avons néanmoins convenu tacitement d’en rester là… jusqu’à la prochaine fois ! Lire la suite « Papa, où je serai quand je vais être morte ? »