Bagatelle #2: Le monde et le dire

Bagatelle #2: Le monde et le dire

Si le monde est recouvert par une toile langagière, alors qu’est-ce que ce monde dont je parle sinon l’une des fibres de cette toile ? Et dans ce cas, y’a-t-il réellement un monde qui se trouve en-dessous, ou ne parlons-nous jamais de quelque chose dont nous n’avons aucune idée ? Tout n’est-il qu’un jeu d’apparences comme le supposait Nietzsche ?

Lorsque le poète nous susurre ces mots: dit tout sans rien dire, de quel dire parle-t-il ? Chose certaine, il disqualifie d’emblée ce que nous entendons habituellement par dire, soit de désigner selon une cohérence logique. Cela signifie donc qu’il y a un sens plus fondamental au verbe dire, qui doit recouvrir à la fois ses acceptations logiques et poétiques. Lire la suite « Bagatelle #2: Le monde et le dire »

Comment je me suis égaré puis retrouvé

Comment je me suis égaré puis retrouvé

Lors de la rédaction de mon dernier article Dompteur à la recherche de l’intériorité perdue, il y a eu un moment où j’ai malheureusement complètement perdu le sens de ce que j’avais à écrire. Beaucoup d’idées foisonnaient dans le sillage de cet ouvrage mais en revanche, le fil conducteur m’était devenu invisible et les mots ne formaient plus qu’un fatras incohérent. Il faut dire, en toute modestie, que le sujet était complexe et qu’il fallait beaucoup de doigté pour ne pas faire basculer le tout en un complaisant festival de considérations abstruses. Puis, dans une rubrique complètement étrangère au sujet de l’intériorité, intitulée Résolution nocturne #3Hervé Bourgois m’a dit « le bon chemin est toujours le nôtre* ». Cette remarque a eu l’effet inespéré de sauver du naufrage l’épineux article que je n’arrivais pas à terminer. Lire la suite « Comment je me suis égaré puis retrouvé »

Considération intempestive sur le fond et la forme

Considération intempestive sur le fond et la forme

« Un homme doit savoir se faire plaisir » : voilà une maxime qui n’est pas dénuée de bon sens. Il faut en effet savoir outrepasser, de temps en temps, les règles que nous nous fixons si méticuleusement par le moyen de la raison, ne serait-ce que pour éprouver ces règles, pour nous rappeler que c’est en toute liberté que nous nous les sommes imposées, et que c’est en toute liberté que nous pouvons les bafouer, et cela quand bon nous semble. De telle sorte que, dégagées de tout ressentiment que nous pourrions éprouver à leur encontre, elles puissent nous apparaître dans leur pleine préciosité. Lire la suite « Considération intempestive sur le fond et la forme »

L’aurore de la pensée

L’aurore de la pensée

J’ai récemment affirmé, en ces lieux de perdition, l’importance que devrait revêtir la rhétorique en philosophie, et cela même si l’usage de ce terme m’hérissait l’épiderme, de peur de me voir accolé l’étiquette infamante de sophiste, c’est-à-dire de charlatan philosophique. Plus précisément, j’affirmais que cette importance se justifiait de par la prééminence de la réflexion dans l’acte de philosopher, la réflexion étant principalement stimulée par le truchement de l’émotion que s’évertue à cerner la rhétorique. Or, une affirmation d’une telle gravité demande certainement de plus amples développements, ne serait-ce que pour rassurer le lecteur pris d’angoisse à l’idée que son dévoué serviteur puisse avoir perdu la tête. Que l’on respire donc un grand coup avant de bien vouloir me suivre au travers de cette nouvelle aventure au pays de l’esprit. Lire la suite « L’aurore de la pensée »