Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille

Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille

Même le discours le plus rationalisant, le plus littérairement rêche et gris fait de sa grisaille un procédé rhétorique: celui par lequel il prétend justement être au-dessus des procédés rhétoriques et, corollairement, que tout son contenu découle d’une dialectique froide et impartiale. Ou mieux: d’une dialectique divine. Lire la suite « Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille »

Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Le combat chevaleresque que mena ce grand escogriffe de Platon contre les sophistes est traversé par un formidable paradoxe. Dénonçant sans relâche la rhétorique des ses ennemis jurés, il déploya lui-même, ce faisant, l’un des plus grands procédés rhétoriques de la philosophie, soit celui de ses dialogues théâtraux. Au travers de ceux-ci, il se permet la commodité de mettre en scène les sophistes, préjugeant au passage de leur attitude et de leur argumentation à son encontre. Il les réduit également – de la manière la plus sophistique (!) – à une espèce de bloc homogène alors que, comme le dit Gilbert Romeyer-Dherbey dans son étude sur les sophistes, la diversité et l’originalité de ces personnages et de leur doctrines « […] ne nous permettent pas de caractériser un système de pensée unique, dont le nom serait ‘sophistique’ et qui s’opposerait à ‘philosophie’. » Lire la suite « Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien »

Ars Rhetorica #1

Ars Rhetorica #1

Dans plusieurs articles précédents, je me suis intéressé au thème de la rhétorique et ce, de la manière la plus étrange. Moi-même, je me surprends de ces incursions. La rhétorique devrait normalement être un thème honni de tout philosophe sain d’esprit, puisque celui qui s’y associe risque de miner sa propre crédibilité. Il y a malgré tout quelque chose qui me turlupine (et qui me turlupine encore !) à ce propos et qui me force à aller patauger dans ces eaux troubles. Cela tient peut-être à ce que l’un des reproches que l’on adresse souvent à la philosophie est de ne constituer qu’une sorte de vague caprice spéculatif qui ne se se fonde sur rien de solide, de n’être qu’un vain exercice de l’esprit. Lire la suite « Ars Rhetorica #1 »

Considération intempestive sur le fond et la forme

Considération intempestive sur le fond et la forme

« Un homme doit savoir se faire plaisir » : voilà une maxime qui n’est pas dénuée de bon sens. Il faut en effet savoir outrepasser, de temps en temps, les règles que nous nous fixons si méticuleusement par le moyen de la raison, ne serait-ce que pour éprouver ces règles, pour nous rappeler que c’est en toute liberté que nous nous les sommes imposées, et que c’est en toute liberté que nous pouvons les bafouer, et cela quand bon nous semble. De telle sorte que, dégagées de tout ressentiment que nous pourrions éprouver à leur encontre, elles puissent nous apparaître dans leur pleine préciosité. Lire la suite « Considération intempestive sur le fond et la forme »

L’aurore de la pensée

L’aurore de la pensée

J’ai récemment affirmé, en ces lieux de perdition, l’importance que devrait revêtir la rhétorique en philosophie, et cela même si l’usage de ce terme m’hérissait l’épiderme, de peur de me voir accolé l’étiquette infamante de sophiste, c’est-à-dire de charlatan philosophique. Plus précisément, j’affirmais que cette importance se justifiait de par la prééminence de la réflexion dans l’acte de philosopher, la réflexion étant principalement stimulée par le truchement de l’émotion que s’évertue à cerner la rhétorique. Or, une affirmation d’une telle gravité demande certainement de plus amples développements, ne serait-ce que pour rassurer le lecteur pris d’angoisse à l’idée que son dévoué serviteur puisse avoir perdu la tête. Que l’on respire donc un grand coup avant de bien vouloir me suivre au travers de cette nouvelle aventure au pays de l’esprit. Lire la suite « L’aurore de la pensée »