Chemins philosophiques

Chemins philosophiques

« Au lieu d’être un Nietzsche, devenez un Spinoza ! » : voilà de quelle manière je fus apostrophé dans la foulée de mon précédent article, le délicieux « Il faut rallumer Notre-Dame! », par un dénommé Faical. « Au lieu d’être un Nietzsche, devenez un Spinoza. » Cette phrase, aussitôt lue, se mit à tournoyer dans les méandres de mon cortex, allant et venant, comme une véritable marée nauséeuse. Suis-je un Nietzsche? Quelle question! Et ai-je tout intérêt à devenir un Spinoza? Quelle énigme! Réfléchissant à l’offrande de ce sphinx cybernétique qui avait eu l’heur d’atterrir sur mon blogue, je passai de pénibles moments, ne sachant plus du tout où j’en étais. Les insomnies me gagnèrent et me firent visiter des lieux de mon esprit que j’avais complètement oubliés – autant de déserts dont j’avais désappris la solitude, ou de glaciers dont je croyais avoir durablement meublé les silences. Lire la suite « Chemins philosophiques »

La fin du grand rêve

La fin du grand rêve

J’ai toujours été fasciné par la progression étonnamment rapide de la carrière de John Lennon. Que l’on y songe: en 1965, il n’est encore qu’une espèce de Backstreet Boy de luxe dont la principale fonction est de faire frémir les jeunes minettes à la sexualité encore recouverte du manteau oppressant de la religion. À peine deux années plus tard, en 1967, il devient l’un des grands prêtres idéalistes de la vague hippie en proclamant, un joint à la main, et quelques amphétamines dans le corps, le pouvoir rédempteur de l’amour et de la paix sur terre. Trois petites années passent encore et cette fois, le Lennon nouveau crie sa désillusion la plus complète à l’égard des idées grandioses des années soixante. Lire la suite « La fin du grand rêve »

Bagatelle #2: Le monde et le dire

Bagatelle #2: Le monde et le dire

Si le monde est recouvert par une toile langagière, alors qu’est-ce que ce monde dont je parle sinon l’une des fibres de cette toile ? Et dans ce cas, y’a-t-il réellement un monde qui se trouve en-dessous, ou ne parlons-nous jamais de quelque chose dont nous n’avons aucune idée ? Tout n’est-il qu’un jeu d’apparences comme le supposait Nietzsche ?

Lorsque le poète nous susurre ces mots: dit tout sans rien dire, de quel dire parle-t-il ? Chose certaine, il disqualifie d’emblée ce que nous entendons habituellement par dire, soit de désigner selon une cohérence logique. Cela signifie donc qu’il y a un sens plus fondamental au verbe dire, qui doit recouvrir à la fois ses acceptations logiques et poétiques. Lire la suite « Bagatelle #2: Le monde et le dire »