La fin du grand rêve

La fin du grand rêve

J’ai toujours été fasciné par la progression étonnamment rapide de la carrière de John Lennon. Que l’on y songe: en 1965, il n’est encore qu’une espèce de Backstreet Boy de luxe dont la principale fonction est de faire frémir les jeunes minettes à la sexualité encore recouverte du manteau oppressant de la religion. À peine deux années plus tard, en 1967, il devient l’un des grands prêtres idéalistes de la vague hippie en proclamant, un joint à la main, et quelques amphétamines dans le corps, le pouvoir rédempteur de l’amour et de la paix sur terre. Trois petites années passent encore et cette fois, le Lennon nouveau crie sa désillusion la plus complète à l’égard des idées grandioses des années soixante. Lire la suite « La fin du grand rêve »

Chroniques de la vie mutilée #2: Le journaliste intérieur

Chroniques de la vie mutilée #2: Le journaliste intérieur

Le spectacle médiatique caractéristique de notre époque déteint si bien sur nous, hommes de la postmodernité, que lorsque nous n’y prenons gare, l’esprit journalistique vient court-circuiter sans cesse notre faculté de réflexion. En fait, exposés quotidiennement comme nous le sommes aux surabondantes sources d’information qui nous entourent, cet esprit devient véritablement une seconde nature, une sorte d’indélogeable incrustation psychique que nous pouvons à bon droit appeler notre journaliste intérieur. Lire la suite « Chroniques de la vie mutilée #2: Le journaliste intérieur »

Éloge du silence

Éloge du silence

Un homme doit savoir se taire. On ne le dit pas suffisamment. L’esprit narcissique qui baigne nos âmes à nous, hommes de la postmodernité, nous intime sans cesse de nous faufiler sur la scène du monde : « parle ! » nous dit-il, « prends ta place, fût-ce n’importe laquelle ! », « occupe de l’espace ! », « sois vu ! ». Mais quoi ? Sommes-nous intérieurement vides à ce point qu’il nous faille, pour nous sentir exister, nous déverser sous nos propres yeux ? Lire la suite « Éloge du silence »