L’on aurait beau composer la musique la plus triste qui soit, elle n’en serait pas moins indécrottablement porteuse d’espoir, puisque toutes les musiques ne consistent jamais qu’en un effort de traduction des mouvements de l’âme humaine sous une forme esthétique, en vue de communiquer ces mouvements en les magnifiant. Or, un effort pour aller vers les autres, pour se communiquer aux autres présuppose nécessairement une certaine dose d’espoir, ne fût-ce que sous la forme la plus tordue.

Il s’ensuit par ailleurs que les musiques les plus tristes sont aussi porteuses de l’optimisme le plus fou: l’effort esthétique qu’elles requièrent afin de faire retour vers les autres y est en effet à son paroxysme: le compositeur doit se démener entre son tourment et son besoin de communication. C’est peut-être ce qui fait que ces musiques sont souvent les plus sublimes.

Illustration: La mort de Mozart, Mihály Munkácsy.

Une réflexion sur “Vertu de la musique triste

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