Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille

Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille

Même le discours le plus rationalisant, le plus littérairement rêche et gris fait de sa grisaille un procédé rhétorique: celui par lequel il prétend justement être au-dessus des procédés rhétoriques et, corollairement, que tout son contenu découle d’une dialectique froide et impartiale. Ou mieux: d’une dialectique divine. Lire la suite « Ars Rhetorica #4: Puissance de la grisaille »

Citation de la semaine: Julia Posca

Citation de la semaine: Julia Posca

L’ennui est un dommage collatéral de la réclusion des salariés dans l’aisance du domicile familial, aisance pourtant érigée au rang d’idéal dans l’imaginaire formaté de la classe moyenne. Un ennui qu’on nous a appris à combattre avec le feu qui l’alimente: en achetant toujours plus, idéalement plus que le voisin, même au prix de garde-robes qui débordent et de marges de crédit qui explosent.

– Le manifeste des parvenus

Chroniques de la vie mutilée #1: Le salon ambulant

Chroniques de la vie mutilée #1: Le salon ambulant

Le téléphone portable permet aujourd’hui de faire sortir de son salon des possibilités technologiques qui autrefois (hier à peine…) étaient confinées à l’ordinateur de bureau. Mais, fait tout aussi remarquable, avec ces appareils, le salon lui-même devient mobile. Lire la suite « Chroniques de la vie mutilée #1: Le salon ambulant »

Le degré zéro de l’angoisse

Le degré zéro de l’angoisse

Comme le lecteur de ce blogue le sait déjà, ou comme il va maintenant l’apprendre, l’auteur de ces lignes est un ardent collectionneur d’angoisses. J’accumule en effet depuis maintes années ces petites et charmantes bestioles et les dispose amoureusement dans les replis de mon esprit. Dans mes temps libres, je les dépèce afin d’en élaborer la nomenclature et si possible, j’en tire quelque substance philosophique. C’est un passe-temps qui n’est pas de tout repos. Dans mes heures sombres, je geins comme un animal pris au piège, au milieu d’atroces convulsions. Des formes nouvelles de désespoir et de douleur me traversent. Je ne sais plus qui je suis ni où je vais. Lire la suite « Le degré zéro de l’angoisse »

Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien

Le combat chevaleresque que mena ce grand escogriffe de Platon contre les sophistes est traversé par un formidable paradoxe. Dénonçant sans relâche la rhétorique des ses ennemis jurés, il déploya lui-même, ce faisant, l’un des plus grands procédés rhétoriques de la philosophie, soit celui de ses dialogues théâtraux. Au travers de ceux-ci, il se permet la commodité de mettre en scène les sophistes, préjugeant au passage de leur attitude et de leur argumentation à son encontre. Il les réduit également – de la manière la plus sophistique (!) – à une espèce de bloc homogène alors que, comme le dit Gilbert Romeyer-Dherbey dans son étude sur les sophistes, la diversité et l’originalité de ces personnages et de leur doctrines « […] ne nous permettent pas de caractériser un système de pensée unique, dont le nom serait ‘sophistique’ et qui s’opposerait à ‘philosophie’. » Lire la suite « Ars Rhetorica #3: le paradoxe platonicien »