Je vais ici écrire un mot effrayant: le mot spiritualité. Horrible n’est-ce pas ?

C’est un mot qui effraie car à la lecture de ce mot, nous songeons immanquablement à toute une myriade de références auxquelles la conscience contemporaine, sceptique et rationnelle, est foncièrement allergique: religion, divinité, esprits, Nouvel Âge, sectes, anges, etc. Des références qui s’accompagnent tantôt d’une tendre mais néanmoins méprisable naïveté, ou alors d’un appesantissement de l’âme dont n’a que faire l’homme avide de désinvolture qu’est celui du monde d’aujourd’hui.

Pourtant, si on observe l’étymologie de ce mot, on se rend compte qu’il n’y a aucune raison pour qu’il soit exclusivement lié aux mouvements religieux ou aux idéologies spirituelles telles que le Nouvel Âge. Spiritualité découle essentiellement de la racine latine spir, qui signifie souffle. À cette racine, l’on a ajouté le suffixe itas, qui a pour fonction en latin de former des substantifs. On obtient donc spiritalitas, en français spiritualité, qui signifie littéralement le souffle, mais qui désigne en fait la vie de l’esprit (sources: CNRTL et Wiktionnaire).

Traditionnellement, la spiritualité désignait la vie de l’âme en tant que substance dégagée de la matérialité. Cela correspondait en effet parfaitement à la tradition philosophique platonicienne ainsi qu’aux enseignements de la religion chrétienne, véritables piliers de la pensée occidentale jusqu’au tournant du XXe siècle. Il s’agit toutefois d’un modèle obsolète puisqu’il n’épanche plus la soif réflexive de l’homme d’aujourd’hui: celui-ci a en effet besoin d’idées qui s’ancrent dans la réalité et qui sont respectueuses des découvertes de la science. Le temps des grandes chimères et des grandes superstitions est aujourd’hui révolu. Pourtant, il n’en demeure pas moins ce constat certes usé à la corde mais toutefois pertinent selon lequel la rationalité, la science et l’esprit pragmatique ne parviennent pas non plus à épancher la soif réflexive de l’homme mais le laissent plutôt intérieurement desséché et parfois amer, cela parce qu’ils ne recoupent pas certaines des aspirations les plus élevées de l’homme, aspirations que l’on pourrait regrouper sous cette appellation: la soif de sens.

Il s’agit donc d’élaborer une nouvelle façon de comprendre ce en quoi peut consister cette vie de l’esprit, cette spiritualité qui nous semble de prime abord si étrangère. Or, cette recherche constitue mon plus grand intérêt philosophique du moment, aussi j’en parlerai souvent sur ce blogue. Forcément, le mot spiritualité y reviendra de temps à autre. Ce sera d’autant plus effrayant. Je projette même de traiter du sujet de l’existence de Dieu. L’horreur absolue !

Une réflexion sur “Spiritualité contemporaine: présentation

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